En quoi la foi orthodoxe se distingue-t-elle des confessions occidentales ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Métropolite Antoine (Khrapovitsky)

Les théologiens slavophiles, en la personne de Khomiakov, s'efforcèrent les premiers de marquer, comment l'opposition entre la véritable Eglise et les confessions occidentales réside, non dans telle ou telle particularité dogmatique, mais dans la supériorité générale de l'idéal intérieur de l'Eglise Vraie sur celui des Eglises hétérodoxes. Là, est le grand mérite de Khomiakov devant la science théologique, devant l'Eglise, devant l'Occident civilisé qui l'apprécia avec la même unanimité que les littérateurs russes intéressés aux choses religieuses. Cette appréciation se manifeste, de la façon la plus convaincante, en ce fait que tous les Théologiens occidentaux sympathiques à l'Orthodoxie en parlent précisément selon la formule de différence confessionnelle, donnée par Khomiakov. Les Anciens-catholiques, en particulier, qui évoluent vers l'Eglise Orthodoxe et ont lié une correspondance officielle et prolongée, en vue du rapprochement de leur communauté avec la nôtre, exposent, précisément, les vues de Khomiakov sur les questions principales qui, à leur opinion, séparent l'Orthodoxie de l'Ancien-Catholicisme. Nous comprenons le «Filioque », disent-ils, comme une nouveauté opposée, avant tout, à la discipline ecclésiastique qui ordonne de « conserver l’unité d'esprit dans l'union de paix», et la transsub-stantiation dans l'Eucharistie comme un concept étranger à la tradition ecclésiastique.
De toutes les œuvres théologiques écrites par des Russes, le peu important volume de Khomiakov est certainement le plus populaire, tant parmi notre société cultivée qu'à l'étranger. C'est pourquoi nous ne reproduisons point ses thèses. Rappelons qu'il envisage l'enseignement sur le IXe membre du symbole de Foi dans la doctrine sur l'Eglise, comme la base des différenciations confessionnelles. Découvrant l'enseignement orthodoxe sur ces vérités, enseignement entièrement altéré  et  presque perdu par tout l'Occident hétérodoxe, Khomiakov montre, tout à fait clairement, la valeur morale de notre idéal spirituel, la supériorité, en général, de notre Foi sur l'hétéro-doxie qui a perdu une des vérités les plus saintes du Christianisme, une des plus capables d'exhausser l'âme. Comprenant dans l'Eglise, non point tant l'autorité, que l'union mutuelle des âmes, se complétant l'une l'autre par leur mystique communion avec le Christ Qui se révèle aux croyants, non dans l'isolement, mais dans l'amour réciproque, dans l'unité  : Khomiakov saisit,  dans  toutes  les exigences de la discipline ecclésiastique et dans la connaissance même de la divine vérité, saisit, dis-je, l'esprit joyeux, exempt d'esclavage, qui nous élève dans l'immense largeur d'une communion avec le monde intégral des croyants, avec l'Eternité tout entière.
Nous reconnaîtrons, sans nous étendre davantage, que la doctrine orthodoxe sur l'Eglise est exactement exposée par Khomiakov et qu'il a, en général, suffisamment extériorisé l'excellence de l'Orthodoxie sur les Confessions occidentales qui ont perdu le concept de l'union des âmes, tant dans leur vie que dans leur science religieuse, et abaissé le Royaume de Dieu au degré d'une activité morale individuelle ou d'une organisation extérieure juridique et gouvernementale. Reconnaissant cela et nous inclinant devant la valeur théologique de Khomiakov, nous affirmons, cependant, que sa définition de l'Orthodoxie, ou — ce qui est la même chose — du Christianisme véritable n'est pas entière. Dès longtemps, nous avions, le désir de la compléter.
En fait, l'opposition entre notre Foi et l'hétérodoxie est beaucoup plus profonde.
Le dogme de l'Eglise apparaît comme l'un des plus importants de l'enseignement chrétien. Par l'Eglise, doit se reproduire sans cesse notre communion avec la conscience des croyants. Mais à côté d'une divergence à cet égard, on sent encore, entre les hétérodoxes d'Europe et les chrétiens orthodoxes, une plus profonde différence, dans la définition du rapport de chaque personnalité avec Dieu et la vie.
Etant recteur d'Académie, je donnais à un intelligent étudiant ce thème : « Comparer l'enseignement moral chrétien selon l'Evêque Théophane et selon Martensen. Martensen est un vénérable prédicateur protestant, reconnu pour l'un des meilleurs théologiens moralistes et de plus, pour l'un des plus libres des erreurs confessionnelles. L'Evêque Théophane est un théologien russe éclairé, ancien recteur de l'Académie de Pétersbourg. Or, qu'advint-il ? Que la morale chrétienne, sous la plume de ces deux auteurs, apparaissait absolument différente, souvent jusqu'à la complète opposition. Le total de ces différenciations se formulait ainsi.
L'Evêque Théophane enseigne comment organiser la vie selon les exigences du perfectionnement chrétien, tandis que l'évêque occidental (sit venia verbo) choisit du Christianisme ce qui peut s'allier avec les conditions de la culture et de la vie contemporaine. Cela signifie : que le premier considère le Christianisme comme l'éternel fondement de la véritable vie et requiert de chacun qu'il se modifie et modifie sa vie jusqu'à ce qu'elle se soumette à cette norme: que le second considère les principes de la vie et de la culture contemporaine comme un fait inébranlable et, seulement, dans le domaine de leurs particulières variétés, indique celles qui, au point de vue chrétien, bénéficie d'une approbation. Le premier requiert l'héroïsme moral, l'ascétisme; le second veille à ce que quelque chose du Christianisme serve à l'établissement de notre vie présente. Pour le premier, l'homme étant appelé à l'éternité d'outre-tombe, où commence la vie véritable, le mécanisme de la vie actuelle est un insignifiant mirage ; tandis que pour le second, l'enseignement sur la vie future est une idée sublime, ennoblissante, idée qui nous aide à toujours mieux organiser ici la vie pratique.
Le contraste des confessions occidentales et de la Foi Orthodoxe s'est fait sentir dans l'opposition de ces deux Maîtres de l'enseignement moral. La doctrine orthodoxe procède d'un concept du perfectionnement chrétien ou de la sainteté et donne, de ce point de vue, une appréciation de la réalité. L'Occident s'affermit sur le statu quo de la vie et invente ce minimum de fonctions religieuses, à l'aide desquels on peut se sauver, si, en vérité, existe une éternité.
Indiquons maintenant le haut savoir que l'Occident a perdu.
Le Christianisme est l'activité de la vertu. Le Christianisme est la perle pour l'acquisition de laquelle, le sage marchand de l'Evangile dut vendre  tout son  bien. Historiquement, on comprit sous cette décision abnégatrice, sous cette prise de la Croix, différents genres d'activité.  Ce furent, au temps de la vie terrestre du Sauveur, l'entrée au nombre de ses disciples ; plus   loin, la confession de la  foi et  le martyre, enfin, du IVème au XXème siècle, la vie érémitique et le monachisme. En eux-mêmes, ces différents aspects  de l'activité étaient seulement les conditions d'une  idée,  d'un but : l'atteinte progressive, sur la terre, de la perfection spirituelle, c'est-à-dire de la libération des passions ou impassibilité, et d'un état de possession de l'âme par toutes les vertus. C'est là ce que les fidèles demandent pour eux dans la prière de saint Ephrem le Syrien, si souvent répétée au Grand-Carême. Ce qui est la volonté de Dieu est votre sainteté, dit l'Apôtre, mais on ne peut l'atteindre, qu'en en faisant la plus grave, l'unique fin de notre vie, qu'en vivant seulement pour atteindre la sainteté. En  cela est inclus  le  véritable Christianisme.   Ceci est l'essence de l'Orthodoxie, sa différenciation de l'hétérodoxie occidentale. Sous  ce rapport, et par conséquent en essence, les   hérésies orientales sont beaucoup plus proches de l'Orthodoxie que les hérésies occidentales. Le perfectionnement  spirituel de la personnalité demeure, chez eux, le but de la vie chrétienne, et leur opposition avec nous surgit seulement, dans la doctrine, sur les conditions requises pour atteindre ce but. 
Mais, est-il vrai que les Chrétiens occidentaux disent qu'il ne faut point tendre au perfectionnement moral ? Est-ce possible qu'ils en soient venus à nier que le Christianisme nous prescrit la perfection ?
Ils ne disent point cela, mais n'y voient point l'essence du Christianisme. Dans l'intelligence de la perfection et des procédés pour l'atteindre, ils se séparent de nous à chaque pas. Ils ne nous comprennent même en rien et ne s'accordent pas à voir le but de la vie chrétienne, précisément dans la perfection morale de la personnalité, et non dans la simple connaissance de Dieu ou le bon ordre dans l'Eglise, pour lesquels, à leur opinion, Dieu Lui-même donne la perfection morale à l'homme, à titre de rémunération.
La perfection morale s'atteint par la voie d'un travail complexe d'activité personnelle sur soi-même, par la lutte intérieure, par les privations, en particulier par l'humiliation volontaire. Le chrétien orthodoxe, s'il se soumet sincèrement et avec zèle, à la discipline spirituelle, effectue par cela même, une partie significative de ce labeur. Car notre discipline est tout entière organisée en vue de servir à la mortification graduée des passions et à l'acquisition de la perfection dans la grâce. Le contenu de nos prières liturgiques, les exploits du jeûne, des carêmes et cet organisme quasi-monastique de la vie orthodoxe, tel qu'il est indiqué par nos statuts, y contribuent.
En résumé, disons que la Foi Orthodoxe est une foi ascétique. La pensée théologique orthodoxe — celle qui ne demeure pas l'héritage mort des écoles, mais influe sur la vie et se répand dans le peuple, — est une recherche des voies du perfectionnement spirituel. C'est de ce point de vue que, dans nos versets et nos poèmes liturgiques, sont envisagées les définitions dogmatiques, les événements de l'histoire sacrée, les commandements et l'attente du jugement terrible.
Certainement, tout ceci n'est point complètement étranger aux confessions occidentales. Mais chez elles, le salut se comprend comme une rétribution extérieure pour une quantité déterminée de bonnes œuvres (donc extérieures) ou pour une inébranlable foi en la Divinité de Jésus Christ (protestantisme), Elles ne considèrent point et ne savent point considérer, comment l'âme doit se libérer graduellement de sa soumission aux passions, comment nous nous élevons, de force en force, vers l'impassibilité et la plénitude de vertus. Le Romanisme a ses ascètes; mais leur vie est pénétrée d'accomplissements ténébreux, inconscients, d'exigences disciplinaires dès longtemps établies, et au prix desquels le pardon des péchés et la Vie éternelle à venir, leur sont promis. Mais que « la Vie éternelle s'est déjà manifestée », comme dit le saint Apôtre Jean, que la bienheureuse communication avec Dieu s'atteint dès ici par un labeur sans défaillance, comme dit saint Macaire le Grand, tout ceci l'Occident ne le comprend plus.
Cette inintelligence se fait de plus en plus grossière et désespérante. Les théologiens contemporains de l'Occident, ont perdu jusqu'à l'idée que le but du christianisme, le but de l'avènement du Christ sur la terre est précisément le perfectionnement moral de la personnalité. Ils se sont comme égarés dans cette invention, que le Sauveur Christ est soi-disant venu pour apporter le bonheur à une humanité quelconque des siècles à venir. Cependant, le Seigneur a dit, en toute clarté, que ses disciples devront porter une croix de souffrance, que leurs persécutions par le monde, par leurs frères, leurs enfants et leurs parents mêmes, seront permanentes, et qu'elles se multiplieront encore, avec une particulière intensité à la fin des siècles. Cet ordre magnifique, qu'attendent sur terre les adorateurs de la « superstition du progrès », selon l'heureuse expression de C. A. Ratchinsky, a été promis par le Sauveur pour la vie future. L'Occident ne veut et ne peut comprendre la négation de cette vie au nom du Christianisme qui nous ordonne : « Dépouillez le vieil homme avec ses œuvres et revêtez-vous du nouveau qui se rénove dans la connaissance, à l'image de Celui qui l'a créé».
« Le Christianisme est amour du prochain et l'amour est compassion pour ceux qui souffrent ; l'ascétisme est une invention des moines. » Ainsi diront les chrétiens contemporains et, en particulier, les chrétiennes.
Je ne discuterai point la première proposition. Je dirai même ainsi. Si l'amour était possible sans le labeur spirituel, sans la lutte intérieure et l'activité externe, celles-ci seraient inutiles. Mais l'amour s'est tari chez les hommes, précisément, quand ils parlaient par les lèvres de Luther. La parole s'est accomplie : « Et d'un accroissement d'iniquité, se tarira l'amour de plusieurs. » Les passions et l'iniquité règnent, là où le labeur et la lutte ne sont pas et où dominent les passions et l'iniquité ; là se tarit l'amour, et les gens commencent à se haïr les uns les autres . Je me tourne vers la seconde proposition. C'est vrai que l'amour s'exprime par la compassion, mais non tant pour les peines extérieures du prochain que pour sa peccabilité. Une telle compassion n'est accessible qu'à celui qui pleure sur ses propres péchés, c'est-à-dire, à l'ascète.
« L'ascétisme est une invention des moines. » Cette phrase montre combien les gens cultivés comprennent peu la signification du mot ascétisme.. Le plan de notre vie n'est point décidé d'avance par cette conception qui ne contient expressément ni le célibat, ni les carêmes, ni la vie érémitique.
On appelle pratique de l'ascétisme ou labeur spirituel, la vie remplie d'un travail sur soi-même dont le but s'avère être la destruction des passions de fornication, d'égoïsme, de malice, de haine, de gourmandise, de paresse, et leur remplacement par l'esprit de chasteté, d'humilité, de patience et d'amour. Ce dernier n'est jamais une vertu isolée, mais toujours accompagne et perfectionne les attributs spirituels énumérés.
Certainement, le chrétien désirant suivre telle voie, verra lui-même, qu'il devra s'éloigner de la distraction mondaine, apaiser la chair et prier davantage. Mais ces actes n'ont par eux-mêmes aucune valeur aux yeux de Dieu. Ils n'en reçoivent que par nous-mêmes, en tant que conditions pour acquérir les dons spirituels. Possèdent une plus grande valeur, les actes spirituels accomplis dans la conscience de l'homme : Accusation devant soi-même, volontaire humiliation, opposition à soi-même, libre mise en servitude, concentration intérieure, contemplation de la vie d'outre-tombe, surveillance des sentiments, lutte avec les pensées, pénitence et confession, colère sur le péché et la tentation et autres procédés d'élimination. Voilà, le contenu essentiel du véritable Christianisme, oublié par les Confessions occidentales, mais formant le centre de la littérature théologique orthodoxe qui interprète toute la Révélation Divine, tous les événements et les sentences de la Bible, avant tout, en application à ces degrés du perfectionnement spirituel. Incarné, humilié et attristé par notre péché, le Sauveur nous apporta la possibilité de trouver en Sa Personne et en la Communion avec Lui, les éléments de l'œuvre spirituelle dont dépend notre salut. Mais les uns l'accomplissent en connaissance et en peine intelligence parcourant la vie spirituelle ; les autres passent à travers cette dernière, presque involontairement, subissant les douleurs envoyées par Dieu et utilisant la discipline ecclésiastique ; les troisièmes, seulement devant la mort, purifient leur distraction par le repentir et reçoivent, au delà du tombeau, l’illumination. L'essence du labeur chrétien consiste donc dans l'ascétisme, dans l'action sur soi-même ; en cela est incluse aussi l'essence de la théologie chrétienne.
Si nous analysons toutes les erreurs de l'Occident — tant celles qui sont entrées dans son enseignement de foi que celles qui existent dans ses mœurs —nous verrons qu'elles ont toutes leurs racines dans une inintelligence du Christianisme, comme travail de perfectionnement graduel de l'homme, par lui-même.
Telle est, par exemple, la doctrine latino-protestante de la Rédemption, en tant que vengeance, sur Jésus-Christ, de la Majesté Divine outragée par Adam. Cette doctrine est issue des conceptions féodales sur l'honneur chevaleresque, réparé par l'effusion du sang de l'insulteur. Tels sont encore l'enseignement matériel sur les sacrements, l'enseignement sur le pape érigé en nouvel organe de Révélation Divine, quelle que soit sa vie privée, la doctrine des œuvres nécessaires et des œuvres surérogatoires. Tel est enfin l'enseignement des Protestants sur la foi qui sauve, avec le rejet de toute organisation ecclésiastique.  

Dans ces erreurs, est évidente la conception du Christianisme, comme de quelque chose d'étranger à la conscience personnelle autant qu'à la conscience morale, comme d'un Concordat avec la Divinité, requérant de nous, sans qu'on sache pourquoi, l'acception de formules inintelligibles et donnant, à ce prix, le salut. Afin de se garder d'objections qui se soulèvent d'elles-mêmes, les théologiens occidentaux renforcèrent l'enseignement sur la prétendue absolue inintelligibilité, non seulement de l'Etre Divin, mais encore de la loi divine. En la personne des scolastiques, de Luther,  et même du contemporain Ritschl, ils exigèrent que l'on reconnût dans la raison, l'ennemie de la Foi ; alors que les Pères de l'Eglise, en la personne de saint Basile le Grand et même d'Isaac le Syrien, estiment que l'ennemi de la Foi n'est point la raison, mais bien la sottise humaine, la distraction, l'inattention et l'entêtement. Si, des croyances religieuses erronées, nous passons aux convictions morales des Occidentaux, chez certains d'entre eux, nous trouvons simplement un pervertissement,  un  à-rebours des préceptes évangéliques. Ces préjugés sauvages et immoraux tiennent d'ailleurs si profondément aux assises de la vie occidentale tant privée que publique, qu'aucune perturbation de culture, renversant les autels chrétiens et emportant les trônes royaux, n'a pu les abolir.
Ainsi, le Seigneur ordonne le pardon intégral ; mais la morale occidentale requiert la vengeance et l'effusion du sang; le Seigneur commande de s'humilier et de se compter plus que tous, pécheur, l'Occident place au-dessus de tout « le sentiment de la dignité personnelle ». Le Seigneur veut que nous nous réjouissions quand on nous insulte et nous chasse ; l'Occident exige « la réparation d'honneur ». Le Seigneur et les Apôtres nomment l'orgueil « diabolique » ; les Occidentaux l'appellent « noblesse ». Le dernier mendiant russe distingue mieux le bien du mal que ne le discernent les moralistes d'une culture pourtant millénaire, mélangeant ainsi, tristement, des fragments de Christianisme avec le mensonge du Classicisme.
A la base de toutes ces erreurs gît l'inintelligence de cette simple vérité : que le Christianisme est une religion ascétique, une doctrine de la graduelle élimination des passions, des procédés et des conditions d'acquisition des vertus. Ces conditions sont intérieures, incluses dans des actes de labeur moral, et données de l'extérieur, en forme de croyances dogmatiques et d'actions cultuelles de reconnaissance qui possèdent une destination unique : guérir la peccabilité humaine et nous exhausser vers la perfection.

S. EM. Mgr Antoine Archevêque de Volhynie et de Jitomir

Appendice à

L’idée morale des dogmes de la Très Sainte

Trinité et de la Divinité de Jésus Christ et de la Rédemption.

Traduction d’après la troisième édition russe

par le Comte A. M. du Chayla

Paris, librairie H. Welter 1910