Histoire de Job le très éprouvé.

Jadis, dans les temps très anciens, vivait à l’est de la Palestine un homme juste du nom de Job. C’est un homme d’une  grande  droiture  et  bonté, qui  toujours  s’efforçait dans toute son existence  de plaire à Dieu. Le Seigneur l’avait récompensé pour sa piété par de grands biens. Il possédait de plusieurs centaines de têtes de bétail et des milliers d’ovins. Une famille nombreuse et unie faisait son bonheur : il avait sept fils et trois filles.

Mais le diable jalousait Job. Il se mit Le juste Jobà calomnier Job devant Dieu : « Est-ce donc de façon désintéressé  que Job craint Dieu (est pieux)  ? Enlève-lui tout ce qu’il possède et alors, est-ce qu’il Te bénira ? » Or Dieu, pour montrer à tous à quel point Job Lui était dévoué, et pour enseigner aux gens la patience dans les souffrances, permit au diable d’enlever à Job tout ce qu’il possédait. 

Et voici qu’en une seule journée, des brigands dérobèrent à Job tout son troupeau, massacrèrent ses serviteurs, et un terrible ouragan détruisit la maison où s’étaient réunis les enfants de Job, et tous périrent. Mais Job non seulement ne se mit pas à se murmurer contre Dieu, mais même déclara : « Dieu a donné, et Dieu a pris : que le Nom  du Seigneur soit béni.» 

Satan confondu ne s’en tint pas là.  Il se mit à nouveau à  calomnier
Job :  « Pour sa propre vie l’homme renonce à tout ce qu’il possède : mais touche ses os, son corps (c’est-à-dire frappe-le d’une maladie), et Tu verras s’il Te bénit » Dieu permit au diable de priver Job aussi de la santé. Et voici que Job tomba malade de la plus terrible maladie : la lèpre. 

Alors même la femme de Job se mit à le persuader de prononcer une parole de révolte contre Dieu et ses amis, au lieu de réconfort, tourmentaient l’innocent souffre-douleur de leurs soupçons injustes. Mais Job resta ferme, ne perdit pas espoir dans la miséricorde de Dieu et demanda seulement à Dieu de témoigner qu’il souffrait tout cela sans être coupable.

Dans sa conversation avec ses amis, Job prophétisa à propos du Rédempteur (du Sauveur) et de la Résurrection à venir : « Je le sais, mon Rédempteur est vivant, et Lui au dernier jour relèvera de la poussière ma peau que voici toute en lambeau, et moi, dans ma chair je contemplerai Dieu. Je le verrai moi-même; ce sont mes yeux, et non les yeux d’un autre qui Le verront. »

Après cela Dieu, montrant à tous l’exemple de fidélité et de patience dans Son serviteur Job, apparut Lui-même et ordonna à ses amis qui avaient considéré Job comme un grand pécheur, de demander à ce dernier d’intercéder par ses prières pour eux-mêmes. Dieu récompensa Son fidèle serviteur. La santé lui revint. A nouveau il eut sept fils et trois filles, et son troupeau devint deux fois plus grand qu’auparavant. Job vécut encore cent quarante ans avec honneur, dans la paix, la piété et le bonheur.

L’histoire de Job le très-éprouvé nous apprend que Dieu envoie le malheur non seulement à cause des péchés, mais aussi aux justes pour mieux les affermir dans le bien, pour confondre le diable et glorifier la justice divine. En outre, l’histoire de la vie de Job nous révèle que le bonheur terrestre ne coïncide pas toujours avec la vie vertueuse de l’homme et nous apprend également à être compatissant avec les malheureux. 

Job, par ses souffrances innocentes, sa douceur et sa patience, préfigure le Seigneur Jésus Christ. C’est pourquoi aux jours de la commémoration des Souffrances de Jésus Christ, la Semaine de la Passion, on lit à l’église comme parémies aux Vêpres l’ensemble du récit tiré du Livre de Job, dans l’Ancien Testament.     

 La prière des derniers startsi d'Optino s’inspire de  cette  patience  du juste Job :
 « Seigneur, donne-moi d’aborder d’une âme sereine tout ce que m’apportera ce jour qui vient. Donne-moi de m’en remettre totalement à Ta sainte volonté. A chaque heure de cette journée et en tout, dirige-moi et soutiens-moi. Quoi qui me soit annoncé ce jour, apprends-moi à l’accepter dans la paix de l’âme et la ferme conviction qu’en tout est Ta sainte volonté.
Dans toutes mes paroles et mes actions, guide mes pensées et mes sentiments. Lors des circonstances imprévues, ne me laisse pas oublier que tout vient de Toi. »