Jacob et ses fils.

Isaac et Rébecca eurent deux fils, Esaü et Jacob. Esaü, un passionné de chasse, courait les champs tandis que Jacob, doux et paisible, restait au campement. Un jour, revenant

affamé, Esaü échangea son droit d'aînesse contre un plat de lentilles qu'avait préparé Jacob. Ainsi la douceur et le souci spirituel l'emportent sur la violence et les désirs matériels.

 

  Plus tard, quand Isaac fut devenu très vieux et aveugle, Jacob reçut par ruse, en se déguisant, la bénédiction que son père réservait à l'aîné. Puis, sentant la rancune d'Esaü, Jacob s'enfuit sur le conseil de Rébecca chez son frère à elle, Laban. En route vers Haran, il passa la nuit dans un endroit et eut un songe :

 

  Il vit une échelle dressée sur la terre et dont le sommet touchait au ciel et les Anges de Dieu qui montaient et descendaient. Et le Seigneur tout en haut le bénit dans sa descendance et lui dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham et d'Isaac... Voici Je suis avec toi, Je te garderai partout où tu iras ...». Alors Jacob s'éveilla et dit :

« Certainement le Seigneur est en ce lieu et je ne le savais pas ». En cette échelle mystérieuse, par laquelle Dieu descend parmi les hommes et les hommes peuvent s'élever vers Dieu, l'Eglise a toujours reconnu la Très sainte Mère de Dieu et Vierge Marie, de la descendance de Jacob, qui mettra au monde notre Sauveur Jésus Christ.

 

     Chez Laban, en Mésopotamie, Jacob se maria comme l'avait fait Isaac, avec une jeune fille de sa race, Lia, puis avec Rachel et, ayant acquis de grandes richesses, il retourna en Terre de Canaan, auprès de Esaü, avec qui il apaisa toute inimitié. Jacob eut douze fils, dont proviennent les douze tribus d'Israël, c'est-à-dire du peuple hébreu.

 

Joseph, un des fils de Jacob, avait reçu le don d'interpréter les songes et ses frères, jaloux de sa faveur, s'en débarrassèrent en le vendant comme esclave à des marchands.

  C'est ainsi qu'il se retrouva en Egypte. Mais sa science lui permit d'expliquer au Pharaon le rêve des dix vaches grasses et dix vaches maigres et celui des épis, lui montrant ainsi comment éviter au peuple de souffrir d'une grande famine. Grâce à cela, Joseph devint le principal gouverneur du royaume d'Egypte et, pour les sauver de la disette, y fit venir sa famille, son père et tous ses frères à qui il avait pardonné leur traîtrise.

     Par sa pureté, sa sagesse, et sa captivité, Joseph est une préfiguration du Christ Sauveur, qui fut vendu par Judas et livré au jugement par Son propre peuple élu mais cria sur la croix : « Père, pardonne-leur ,car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Ainsi s'achève le livre de la Genèse.

 

      

La vocation de Moïse.

Quand Joseph mourut, la situation de son peuple en Egypte se modifia. Une nouvelle dynastie prit le pouvoir et commença à persécuter les Hébreux, inquiète de leur nombre et de leur prospérité. Les Egyptiens se mirent donc à les traiter comme des esclaves, les employant à des travaux très durs de construction. Enfin un Pharaon ordonna de mettre à mort tous les garçons qui naîtraient chez les Hébreux.

 

  Alors le peuple élu se tourna vers Dieu pour implorer Son secours et il naquit dans la tribu de Lévi un enfant qui devait les délivrer de l'oppression des Egyptiens. Sa mère le cacha trois mois puis le déposa au bord du Nil dans une corbeille que découvrit la fille du Pharaon. Elle l'adopta et lui donna le nom de Moïse, c'est-à-dire "sauvé des eaux".

Grâce à sa sœur Mariam qui avait suivi la corbeille, Moïse reçut comme nourrice sa propre mère. Ainsi, tout en recevant à la cour une excellente éducation, Moïse garda la conscience de son origine et l'amour de son peuple.

 

Ainsi, en défendant un Hébreux maltraité, il tua son agresseur égyptien et dut ensuite s'enfuir dans la terre de Madiam, où il se maria avec Séphora, la fille du prêtre Jéthro, et faisait paître les troupeaux.

 

Au désert du Sinaï, dans son occupation de berger, il vit un jour le buisson ardent, qui brûlait sans se consumer, et il entendit la voix divine lui demander de se déchausser devant ce lieu saint, qui est aujourd'hui le fameux monastère de St Catherine.

  Ce buisson inconsumé préfigure le Peuple élu, opprimé et non anéanti, et surtout la Vierge Marie qui allait enfanter le Christ Dieu sans être anéantie par Sa divinité.

  Dieu se révèle à Moïse comme Celui qui est, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et lui ordonne de retourner en Egypte pour sauver son peuple et l'amener, à travers ce désert qu'il connaît déjà

parfaitement, jusqu'à la terre de Canaan, où coulent le lait et le miel.

 

     Pour rassurer Moïse qui s'effraie de cette mission, Dieu lui fait constater que son bâton peut se changer en serpent et lui annonce les prodiges qu'il fera avec l'aide divine. Et, comme Moïse est bègue, Il lui donne pour aide son frère Aaron, qui sera son interprète.

 

Alors Moïse, déjà âgé, rentre en Egypte pour convaincre Pharaon de laisser partir les Hébreux, les enfants d'Israël - Israël, c'est le nom donné à Jacob par l’Ange avec qui il avait mystérieusement combattu.

La sortie d'Egypte.

Une fois rentré en Egypte, Moïse alla avec Aaron trouver Pharaon pour le convaincre de laisser partir le peuple des Hébreux qu'il maltraitait. Non seulement Pharaon refusa, mais il persécuta encore plus cruellement les enfants d'Israël. Alors, suivant les indications divines, Moïse frappa l'Egypte de dix plaies c'est-à-dire d'une dizaine de malheurs successifs, pour pousser les oppresseurs à se repentir.
    Ainsi, les Egyptiens virent l'eau transformée en sang, l'invasion des grenouilles, celle des poux, puis des mouches venimeuses, l'épidémie des troupeaux,  les ulcères, le tonnerre avec la grêle, le ravage des sauterelles, les ténèbres et, enfin, la mort de leurs premiers-nés. Devant le malheur, Pharaon promettait de laisser partir les Hébreux mais, chaque fois, son cœur s'endurcissait à cause de l'orgueil et il trahissait ses engagements.

    Avant la dernière plaie, Dieu commanda à chaque famille des Hébreux de sacrifier un agneau sans tache, de le cuire et de le manger en restant debout, prêts à partir, après avoir marqué l'entrée de chacune de leurs maison avec le sang de l'animal. Et quand l'ange du Seigneur vint frapper les premiers nés des Egyptiens, il épargna toutes ces maisons qui portaient le signe du sang, celles des Hébreux. Alors Pharaon les laissa partir.

    Ce jour de libération pour le peuple élu devint, suivant le commandement divin, la fête de Pâque de l'Ancien Testament. Le mot Pâque signifie “passage”, puisque l'ange passa  à côté des maison des Hébreux, et ces derniers passèrent de l'esclavage à la liberté. Chaque année, à cette date, pour célébrer Dieu leur Sauveur, les Hébreux préparaient et partageaient l'agneau pascal. 


    Cette fête était la préfiguration de la Passion et de la Résurrection, la Pâque du Nouveau Testament, puisque le Christ, l'Agneau de Dieu innocent, s'est sacrifié au moment de cette fête pour nous délivrer de l'esclavage du péché et de la mort. Par la Sainte Communion à Son Corps et Son Sang Précieux, l'homme libéré de la tyrannie des passions, peut à nouveau participer à la grâce des enfants de Dieu qu'Adam avait perdue par désobéissance.


Quittant l'Egypte, le peuple élu s'enfonça dans le désert du Sinaï, guidé par une colonne de nuées le jour, et de feu la nuit. Mais, une fois de plus, Pharaon viola sa promesse et partit avec son armée à leur poursuite pour les massacrer. C'est alors qu'après avoir frappé les flots de son bâton, Moïse fit accomplir à son peuple, à pied sec, la traversée de la Mer Rouge, puis la referma pour engloutir Pharaon et ses chars. Ce prodige préfigure clairement la puissance du sacrement  du  baptême,  qui nous délivre des ennemis visibles et invisibles.