La captivité à Babylone et le retour à Jérusalem.

Longtemps le Seigneur a enduré les péchés du peuple juif et a attendu sa repentance, mais celui-ci ne s’est pas  amendé, malgré les avertissements du prophète Jérémie, qui leur prédit une captivité de soixante-dix ans. Au début, le roi de Babylone, Nabuchodonosor, soumit le roi de Judée sans toucher à Jérusalem ni à son pays. 
Jéremie s’efforça de convaincre les Juifs de se soumettre à cette épreuve envoyée par Dieu à cause de leurs iniquités. Mais ils ne l’écoutèrent pas et se révoltèrent. Alors, en 589 av. J.C., le roi Nabuchodonosor s’empara de Jérusalem, la mit à feu et à sang et détruisit le Temple de Salomon avec l’Arche.
La majorité du peuple fut déportée à Babylone, laissant Jérémie pleurer sur les ruines de Jérusalem. Mais, dans cette douloureuse expérience de la captivité, Dieu n’abandonna pas Son peuple et lui envoya  à nouveau des prophètes justes et vertueux.

Ainsi, le prophète Ezéchiel,  est célèbre par sa vision consolatrice de la résurrection universelle des morts, dans laquelle les ossements qui se couvrent de chair pour retrouver la forme humaine et le souffle vital. Cette prophétie est lue très solennellement, dans l’Eglise orthodoxe, aux Matines du Grand Samedi de la Semaine de la Passion, la veille de Pâque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Daniel le prophète, lui, était de descendance royale et, avec d’autres adolescents des nobles familles, dont les justes Ananias, Azarias et Misaël, fut élevé à la cour de Nabuchodonosor pour le servir. Tous les quatre avaient gardé leur foi dans le vrai Dieu et , par respect pour la loi mosaïque, refusèrent de manger la nourriture donnée par l’intendant royal, se contentant de pain et de légumes. Et Dieu bénit leur effort de carême, en les rendant plus sains et beaux que leurs camarades, ce qui tranquillisa l’intendant. 

De plus les pieux adolescents excellèrent dans leur éducation et reçurent des charges élevées à la cour. Quant à Daniel, il reçut en outre de Dieu le don d’interpréter les songes (comme jadis le juste Joseph en Egypte), ce qui lui permit d’expliquer à Nabuchodonosor le songe  qu’il avait eu et dont il ne pouvait se rappeler : la vision d’une splendide statue à tête d’or, à poitrine et bras d’argent, au ventre et cuisse d’airain, aux pieds d’argile et de fer, comme image des royaumes successifs jusqu’à la venue du roc détaché de la montagne, le Christ né de la Vierge, qui vient frapper cette statue et la fait s’écrouler. 

Un peu plus tard, Nabuchodonosor fit faire une immense idole d’or dans la plaine de Dura et rassembla tous les notables pour qu’ils adorent cette statue quand retentiraient les instruments de musique. Seuls Ananias, Azarias et Misaël s’y refusèrent et furent condamnés à être jetés dans une fournaise ardente. Mais, si la flamme brûla  ceux qui les y jetèrent,les trois saints adolescents restèrent eux indemnes : le roi les vit chantant au fond de la fosse en compagnie d’une figure céleste,  et lui-même bénit alors leur Dieu. 

Le récit de cette délivrance des trois jeunes gens est lu aux Vêpres du Grand Samedi de la Passion, comme préfiguration de la Résurrection. De plus on rappelle toujours cet événement dans la septième et huitième ode des canons chantés aux Matines. Enfin, le prophète Daniel expliqua au roi le songe de l’arbre élevé qui est coupé mais dont sont préservées les racines, en lui prédisant qu’il serait détrôné et exilé pendant sept ans puis rétabli dans son pouvoir pour glorifier le seul vrai Dieu.

Balthazar régna après Nabuchodonosor pendant dix-sept ans. Sans se soucier des Mèdes et des Perses qui menaçaient son royaume de Chaldée, il vivait à Babylone dans les plaisirs. Un soir, au cours d’un festin, par mépris du vrai Dieu, il fit le sacrilège de boire dans les vases sacrés enlevés au Temple au moment de la prise de Jérusalem par les Assyriens. Alors apparut dans une sorte de nuée une main qui traça sur le mur des mots. Balthazar fut saisi d’effroi et envoya chercher ses mages pour déchiffrer cette inscription énigmatique mais personne n’en fut capable.

La reine, survenant, lui conseilla de recourir à Daniel, l’homme “en qui est l’esprit du Dieu Saint”: celui-ci, appelé, révéla au roi la gravité de son impiété et de son orgueil, refusa ses promesses et sut déchiffrer les trois mots écrits : « Méné, c’est-à-dire  que Dieu“a compté” ton règne et lui donne une fin, Tekel, c’est-à-dire, Il “t’a pesé” et t’a trouvé très léger (en bonnes œuvres) et Fares, c’est-à-dire Il “a partagé” ton royaume et l’a donné aux Mèdes et aux Perses. » Cette même nuit, ceux-ci prirent la ville et Balthazar périt. Et le grand roi perse Cyrus plaça Darius comme roi à Babylone.

Le roi Darius se prit d’affection pour Daniel et fit de lui un des trois plus grands dignitaires de son royaume. A cause de cela, beaucoup jalousaient Daniel, et, sachant qu’il priait trois fois par jour tourné vers Jérusalem, firent signer au roi, qui ne se doutait de rien, un édit suivant lequel personne durant trente jours ne devait prier aucun dieu ni homme, excepté Darius, sous peine d’être jeté dans la fosse aux lions. Daniel continua ses prières et fut dénoncé au roi, qui comprit qu’il avait été trompé mais fut obligé, malgré son chagrin, de faire appliquer son ordre.
  
Le lendemain matin, après une nuit de veille et de jeûne, Darius se hâta d’aller à la fosse pour appeler Daniel et, quand celui-ci se révéla vivant, préservé de la gueule des lions par l’ange de Dieu, le roi se réjouit et fit jeter à sa place ceux qui l’avaient accusé, et qui furent aussitôt dévorés. Puis Darius publia un édit ordonnant “qu’on ait de la crainte pour le Dieu de Daniel, car Il est le Dieu vivant, et il subsiste éternellement.”

Le juste Daniel, qui mourut paisiblement à un âge avancé vers 530 av. J.C., eut aussi beaucoup de visions prophétiques, sur la venue du Christ dans sept fois soixante dix années (490 ans), sur la destruction du Temple et de Jérusalem après la Passion et la Résurrection, sur la fin des temps et le Jugement par Dieu, l’Ancien des jours.

Daniel et les trois saints adolescents sont fêtés le 17/ 30  décembre dans l’Eglise. C’est le roi Cyrus qui donna la permission aux Juifs du retour à Jérusalem : quarante deux mille rentrèrent dans leur patrie, avec les vases sacrés du Temple, tandis que ceux qui restaient à Babylone offraient de riches dons pour restaurer le Temple.
En douze ans fut achevée la reconstruction du Temple à Jérusalem, sous une forme certes bien moins magnifique que celui qu’avait édifié Salomon. Mais le prophète Aggée annonça alors que la gloire de ce second Temple serait plus grande puisqu’il accueillerait le Messie Lui-même, le Christ Sauveur.

Quant aux prophètes Zacharie et Malachie, ils prédirent, l’un l’entrée à Jérusalem du Seigneur sur un âne, l’autre l’envoie de saint Jean Baptiste comme Précurseur du Sauveur. 
Malachie est ainsi le dernier prophète avant l’apparition de St Jean Baptiste, qui fait le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament, puisqu’il a prophétisé la venue du Christ avant de Le baptiser lui-même dans le Jourdain.