• Paroisse St Jean Le Russe

l'Icône de la Sainte Face dans la cathédrale de Laon.

Mis à jour : avr. 14



En dehors des saintes reliques, amenées à des époques diverses d'Orient en France, se trouve conservée comme une des plus saintes, l'Icône du Christ, non faite de main d'homme, la Sainte Face. C'est un des plus intéressant mémorial de l'icônographie orthodoxe. Cette icône attire les pélerins dans la cathédrale de Laon depuis de nombreux siècles.

Il a été beaucoup dit sur les temps et le lieu de l'écriture de cette icône, mais jusqu'à présent, cela n'a pas été élucidé : comme une icône, comportant une inscription en slavon s'est-elle retrouvée au nord de la France ? Même l'abbé Lecomte, autorité reconnue en cette matière, qui l'a minutieusement décrite se perd en suppositions et n'en privilégie aucune particulièrement.

Les premiers renseignements sur la miraculeuse icône de la Sainte Face, apparaissent vers le 13ème siècle, grâce à l'inscription en slavon qui y figure. En 1249, elle fut envoyée de Rome à l'Abbesse du monastère de Montreuil-en-Thiérache, qui se trouvait non loin de Laon, par son frère Jacques Pantalion. Celui-ci d'origine française, était chantre d'honneur de la cathédrale de Laon. En 1261, il fut élu pape sous le nom d'Urbain IV. Le don au monastère fut confirmé par une bulle papale.

Depuis 1249, l'Icône était conservée dans l'église du monastère. Elle attirait des foules de pélerins et accomplissait de nombreux miracles. Lorsqu'en 1636 le monastère fut détruit, les moines emportèrent avec eux à Crochy, cet objet sacré, et de là, dans la banlieue de Laon où un nouveau monastère fut créé sur une terre donnée par César d'Estrée. A la Révolution, l'Icône fut d'abord mise à l'abri dans une église paroissiale près de Neuville, et finalement, après avoir été gardée dans différentes respectables maisons au moment de la Terreur et de la persécution de l'Eglise, elle fut, en 1795, installée dans la Cathédrale. Toutes ces dates sont indubitables, la seule hésitation concerne les circonstances de son transfert depuis Rome. Maintenant la question se pose de savoir comment en devint possesseur Jean Pantalion, futur pape Urbain IV ? Avant d'émettre quelque hypothèse, il est indispensable de parler de l'Icône elle-même.

Elle est représentée sur une planche de sapin, de 45x40cm, par des peintures d'icônes habituelles. Le fond en est jaune clair, les yeux et les cheveux bruns. Le linge semble tellement naturel, qu'au Moyen Age, on avait cru que l'Icône était peinte sur un linge, la frange et le dessus en sont rouges et bleus. L'expression du visage est sévère et sereine. L'Icône a été placée dans une arche magnifique, préparée à Lyon en 1885, décorée de pierres précieuses et d'une peinture représentant le rencontre du Sauveur et de sainte Véronique sur le chemin de Croix.

Quelle est donc l'origine de la sainte Icône ? Elles est sans aucun doute de facture slavonne, comme en témoigne la phrase qui lui est contemporaine. Il aurait été possible de tirer une conclusion du lieu de sa création, par les matériaux employés - une planche de sapin, les peintures et le style, qui se rapprochent le plus des icônes des slaves du sud; mais il y faut des recherches de spécialistes, encore à entreprendre. Actuellement, on peut seulement remarquer quelques faits propices à éclairer la question qui nous intéresse. L'histoire du diocèse byzantin en Italie du Sud n'est pas encore tout à fait connue, mais on sait avec certitude qu'aux XIème et XIIème siècles l'orthodoxie y était encore règnante. Au moment de la translation des reliques de Saint Nicolas le Thaumaturge, toute la Calabre et une partie de l'Apulia étaient couverts de monastères grecs, le clergé, y compris les évêques, était également grec, il n'est donc pas surprenant qu'il y ait eu partout des icônes orthodoxes. Le rite orthodoxe était particulièrement à l'honneur, et ainsi les objets sacrés orthodoxes y étaient vénérées également dans des régions déjà latinisées. Juste avant la translation des reliques de Saint Nicolas à Bari, furent construites deux nouvelles églises orthodoxes. A partir de 1087 des pélerinages furent entrepris vers Bari, depuis les pays slaves, et entre autres, la Russie. C'est pourquoi il n'y a pas à s'étonner si une icône comportant une inscription en slavon ait pu être amenée de Russie ou de Serbie dans un des monastères du sud de l'Italie, et de là, après la latinisation du diocèse et son obédience à Rome, ait pu être envoyée au cœur du christianisme occidental.

Pour conclure, nous dirons quelques mots sur le lieu où est actuellement conservée l'Icône miraculeuse du Sauveur. La Cathédrale de Laon est un des plus majestueux édifices gothiques de France. Avec ses quatre tours, ses coupoles et ses magnifiques sculptures, elle produit une très forte impression sur le visiteur. Malheureusement, elle est entourée d'une masse de constructions, et on ne la découvre que de loin. Au nombre des objets sacrés conservés dans ses murs, en dehors de la Sainte Face, il faut rappeler une partie du bois de la Croix du Seigneur, et de nombreuses reliques, restes rassemblés après la révolution et déposés dans 22 châsses en bronze.

Archiprêtre Alexandre Troubnikoff

Note de la Rédaction :

Un livret détaillé sur cette sainte icône a été publié en 1988 à Laon sous le titre La Sainte-Face de Laon et son histoire, de Suzanne Martinet. Cette étude met bien en relation la provenance de cette icône avec le voyage de Jacques de Troyes au monastère orthodoxe de Bari, occupé alors par des moines serbes et qui avait bénéficié des dons en icônes de la famille royale serbe des Nemanjic, notamment ceux de saint Sava. Après avoir souligné les similitudes de cette icône avec le fameux Mandylion, l’image sacrée du Seigneur imprimée sur un linge et conservée à Edesse puis, à partir de 944, à l’Eglise des Blachernes à Constantinople jusqu’au sac de la ville par les croisés en 1204, l’auteur émet l’hypothèse que l’iconographe aurait réalisé cette icône devant le mandylion lui-même à à une époque où celui-ci était encore présenté plié, doncvers la fin du XII siècle.

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