• Paroisse St Jean Le Russe

Quelles sont les conditions nécessaires à une confession salutaire ?

Mis à jour : 17 janv. 2018


Par le saint Métropolite Innocent de Moscou.


Un texte publié dans La Voie Orthodoxe n°10 (Automne 1995)


Qu'est-ce qu'une confession ? Une confession est l'aveu oral des péchés qui pèsent sur la conscience. Le repentir lave l'âme et la prépare à recevoir l'Esprit Saint : mais la confession - pour ainsi dire - ne fait que vider l'âme de ses péchés.

Prenons un exemple simple pour comparer la confession. Supposez que vous n'ayez qu'un récipient d'une certaine nature, que par négligence ou paresse vous laissiez petit à petit accumuler toutes sortes de saletés, jusqu'à ce qu'il devienne non seulement inutilisable, mais répugnant à vos yeux. Mais qu'arriverait-il si un roi voulait vous donner en cadeau un genre de parfum et précieux baume, dont une goutte suffirait à guérir de toutes les infirmités et vous protéger? Refuseriez-vous un cadeau si précieux uniquement parce que vous n'auriez aucun autre récipient pouvant le contenir ? Non ! Il vous semblerait normal d'accepter un tel présent, et vous essayeriez de laver votre récipient. De quelle manière commencerez-vous à le nettoyer ? Sans aucun doute - avant toute chose - vous le débarrasseriez de toute impureté; vous commencerz par le laver, et peut-être le passeriez-vous au feu pour effacer toute trace de ses anciennes odeurs. N'en serait-il pas ainsi ?

Imaginez à présent que le récipient soit l'âme qui vous a été donnée par Dieu et que vous auriez laissé atteindre un tel état qu'elle serait remplie de toutes sortes de transgressions et d'iniquités ; que le baume odorant soit l'Esprit Saint, qui guérit toutes les infirmités et afflictions et que le Roi du ciel et de la terre, Jésus-Christ accorde libéralement. Examinez votre récipient, c'est vous sentir coupable devant Dieu et vous souvenir des péchés qui ont pénétré furtivement dans votre cœur. Nettoyer le récipient, c'est confesser vos péchés devant votre père spirituel ; le laver et le brûler, c'est un sincère repentir, des larmes et la détermination à supporter tout désagrément, difficulté, afflictions, malheur et même calamité dont nous sommes victimes. Dites-moi maintenant : la Confession est-elle profitable ou nécessaire ? Elle est certainement profitable et même essentielle car, de même qu'il est impossible de nettoyer un récipient sans en ôter toute salissure, de même il est impossible de purger votre âme des péchés sans confession. Mais dites-moi : la confession seule est-elle suffisante pour la réception de l'Esprit Saint ? Certainement pas, car, pour recevoir le précieux baume odorant dans un récipient souillé, il ne suffit pas simplement de le vider; mais il est indispensable de le laver et le purifier au feu. Ainsi donc, pour recevoir l'Esprit Saint, il ne suffit pas de confesser ou d'énumérer vos péchés devant un père spirituel, mais il est également nécessaire de purger votre âme par le repentir ou la contrition et l'affliction, et de la purifier en supportant volontairement les épreuves. Voici donc ce qui signifient confession et repentir.

En quoi consiste une juste et véritable confession ? Lorsque nous souhaitons laver notre conscience des péchés par le Mystère de Pénitence, il est nécessaire de :

1) croire, en tout premier lieu, au Seigneur Jésus Christ et avoir le ferme espoir qu'Il est prêt à nous pardonner tous péchés, quelle que soit leur importance, à la seule condition que le pécheur se repente à coeur ouvert; Croire et espérer que le Dieu de tous désire et recherche notre retour. Il nous en assure par le prophétie suivante : « Aussi vrai que Je suis vivant, dit le Seigneur, ce que je désire, ce n'est pas que le pécheur meure, mais qu'il se convertisse et qu'il vive (1) »

2) avoir un coeur brisé. Qui est Dieu ? Et que sommes-nous ? Dieu est le Créateur Tout puissant du ciel et de la terre; Il est Juge terrible et juste. Quant à nous ? Nous sommes de faibles et insignifiants mortels. Tous les hommes, mêmes parmi les plus grands, sont moins que poussière devant Dieu, et nous ne pouvons même pas nous imaginer combien chaque péché est repoussant pour Dieu, et chaque transgression offensante. Et nous, insignifiants et misérables mortels, indéfiniment pourvus de bienfaits par Dieu, nous oserions L'offenser, Lui qui est Toute Bonté ? Ô, comme cela est terrible ! Nous sommes de tels débiteurs devant Dieu, de tels transgresseurs, que non seulement nous ne devrions pas nous appeler Ses enfants, mais nous ne sommes même pas dignes d'être les derniers de Ses serviteurs.

Maintenant que vous savez tout cela, vous voyez quelle contrition, quelle lamentation sont nécessaires pour nous purger de nos péchés; mais ces sentiments doivent être éprouvés non seulement avant et pendant la confession, mais aussi après.Et même plus : voulez-vous offrir à Dieu un sacrifice qui Lui soit agréable ? Naturellement, nous le souhaitons tous avec ardeur et nous le Lui offrons dans la mesure du possible. Mais que pouvons-nous Lui offrir qui Lui soit agréable ? - un coeur brisé. Le sacrifice agréable à Dieu, c'est un esprit brisé ; un coeur brisé et humilié (2).Voilà une offrande à Dieu plus précieuse que toutes les offrandes et oblations !

3) pardonner à nos ennemis et nos offenseurs toutes les choses nuisibles et offensantes qu'ils ont pu nous faire. Le pardon : que signifie “pardonner” ? Pardonner, c'est ne jamais se venger, ni secrétement ni ouvertement; ne jamais se remémorer le mal, mais l'oublier, et par-dessus tout, aimer votre ennemi comme un ami, un frère et un camarade, protéger sa réputation et le traiter en toutes choses avec un esprit juste. Voilà ce que signifie pardonner. Et qui conteste la difficulté que cela représente ? Effectivement, il est très dur de pardonner le mal; mais pour cette raison celui qui sait pardonner le mal est grand, à la fois devant Dieu et devant les hommes. Oui, cela est difficile de pardonner à nos ennemis, mais pour ne pas faire le mal, il est nécessaire de pardonner; sans quoi Dieu Lui-même ne nous pardonnera pas. Selon les paroles de Jésus Christ : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre père Céleste vous pardonnera aussi les vôtres. Mais si vous ne leur pardonnez pas leurs offenses, votre père Céleste ne vous pardonnera pas non plus les vôtres.(3) » Bien au contraire, même si vous priez Dieu à chaque instant, même si vous possédez une foi capable de déplacer les montagnes, même si vous distribuez tous vos biens aux pauvres et livrez votre corps aux flammes, si vous ne pratiquez pas le pardon et ne désirez pas pardonner à votre ennemi, alors tout ceci sera vain, car dans ce car ni la prière, ni la foi, ni la charité ne vous sauveront; rien ne vous sauvera. Mais, s'il est nécessaire de pardonner à nos ennemis, de même il est indispensable de demander la pardon de ceux que nous avons offensés. Ainsi, si vous avez offensé quiconque en paroles, demandez-lui son pardon; allez et prosternez-vous à ses pieds et dites : « pardonne-moi ! » .

Si vous l'avez offensé en action, essayez d'expier votre culpabilité et vos offenses et compensez le mal ...; alors vous serez sûrs que tous vos péchés, quelque lourds qu'ils puissent être, vous seront pardonnés.

4) Révéler vos péchés exactement, et sans aucune omission. Certains disent : « Pour quelle raison devrais-je réveler mes péchés à Celui Qui connaît tous nos secrets ? » Bien sûr, Dieu connaît tous nos péchés; mais l'Eglise, qui détient de Dieu le pouvoir de pardonner et d'absoudre les péchés, ne peut les connaître, et pour cette raison Elle ne peut, sans la Confession, prononcer Son absolution.

Enfin, il est nécessaire de prendre le ferme résolution de vivre avec prudence dans le futur. Si vous souhaitez faire partie du royaume céleste, si vous désirez que Dieu vous pardonne vos péchés, alors cessez de les commettre ! C'est à cette seule condition que l'Eglise absout un pénitent de ses péchés. Quant à celui qui n'a même pas l'intention de se corriger, celui-là se confesse en vain, agit en pure perte, car même si le prètre lui dit : « Je te pardonne et t'absous », l'Esprit Saint ne le pardonnera pas, ne lui donnera pas l'absolution !

Orthodox Life , 1988, N°. 4 , pages 20-22 , traduit de l'anglais par V. F. Grigorieva.

Notes : (1) Ezéchiel 33: 11

(2) Ps.50 : 19 (3) Mt 6 : 14-15


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