• Paroisse St Jean Le Russe

Vénération par les Orthodoxes des Saintes Reliques des Justes de Dieu à Nice

Des trois protecteurs orthodoxes de la ville de Nice, le plus vénéré par notre Église est surtout le St Martyr Pons, dont le récit détaillé de la vie se trouve dans toutes les Ménées. Il n'existe presque aucun renseignement sur la vie et les souffrances des martyrs Vassa et Ciagre.

Le St Martyr Pontius (en français St Pons) est né à Rome au début de troisième siècle. C'était le fils d'un sénateur du nom de Marc et de son honorable épouse Julia. Dès avant sa naissance, un devin leur avait prédit que leur fils détruirait les temples des dieux et ceux de Rome. A la naissance de leur fils, Marc et Julia qui étaient païens, décidèrent de ne pas le conduire dans les temples, de peur que ne se réalise la prédiction. Pons fut envoyé dans les meilleures facultés de philosophie et montra d'emblée des dons exceptionnels.

Un jour qu'il passait devant la résidence de l'Evêque de Rome Pontien, il entendit les chants des chrétiens. Les paroles des prières prirent à ce point possession de l'âme du jeune homme, qu'il entra aussitôt dans la maison avec son ami Valérien et pria l'évêque de la guider sur la voie de l'enseignement véritable. L'ayant reçu, le merveilleux adolescent convertit au Christ son père, et ensuite reçut le saint baptême avec toute sa maison. Son père mourut bientôt. Il dut alors prendre la charge de sénateur sous l'empereur Alexandre. Le pape Pontien mourut en martyr en 235, et très rapidement, un proche ami de Pontius, Fabien, fut élu évêque de Rome.

A partir de cette époque débuta une extension particulière sous le règne du roi Philippe, dit l'Arabe, qui l'avait pris à ses côtés et suivait fidèlement ses conseils. Parmi le grand nombre de convertis par Pons, se trouvaient l'empereur et son frère. La foi chrétienne fut reconnue pendant un temps ... La prédiction du devin se réalisa. Le temple de Zeus fut détruit, de nombreux temples et idoles jetés bas, et à leur place furent sanctifiés des temples chrétiens. En 249 fut couronné roi un païen zélé, Décius, et les persécutions contre les chrétiens reprirent. St Pons encourageait son entourage, fortifiait la foi chez ceux dont l'esprit flanchait, et se présentait à beaucoup comme un vrai guide. Les païens se levèrent contre lui avec une rage toute spéciale, et le saint martyr dut fuir Rome.

Il s'installa dans la petite ville de Kimel (aujourd'hui Cimiez), au-dessus de Nice, au pied des Alpes. Sus l'empereur Valérien, des envoyés spéciaux y arrivèrent, afin de rechercher les chrétiens et de les exterminer. St Pons fut arrêté aussi, mais comme il était sénateur, ils n'osèrent le tuer et demandèrent à l'empereur ce qu'il fallait en faire.


Valérien, se souvenant que Pons avait autrefois converti ses prédécesseurs, ordonna, au cas où il n'offrirait pas de sacrifices aux dieux, de le mettre à mort aussi. Le récit de sa vie fait mention en détails des horribles tortures qui lui furent infligées et qui toutes échouèrent pas ses prières.


Baptistère paléochrétien de Cimiez

Il resta intact dans le feu, dans la gueule des animaux sauvages. Il fut décidé alors de le décapiter. L'exécution eut lieu au bord d'une falaise, et son corps jeté dans un marécage. Son ami et narrateur de sa vie, Valérien, l'enterra sur les lieux de son supplice.

De très nombreux pèlerins affluèrent vers sa tombe. En 460, annonce fut faite par Valérien, évêque de Cimiez, que la châsse du Saint Martyr avait été décorée par le zèle des chrétiens. A la fin du VIème siècle Cimiez fut détruite par les Lombards et les reliques de saint Pons transférées à Nice, et de là au monastère qui porte son nom, non loin du lieu de son supplice. Ils y sont jusqu'à ce jour.

En conclusion nous pouvons dire, que si cette première série de notes, sur les objets sacrés orthodoxes se trouvant en France, a éveillé un intérêt et participe à l'œuvre de leur vénération, alors le but, recherché au début en est, avec l'aide de Dieu, atteint. Nous espérons qu'à l'avenir il continuera à trouver un écho dans le cœur des russes orthodoxes de l'émigration et ne s'éteindra pas en même temps que l'impression de ces notes.


L’Abbaye St Pons de Cimiez à Nice

Archiprêtre Alexandre Troubnikoff

« Vénération par les Orthodoxes

des saintes reliques des Justes de Dieu en France. »

Un article de Православная Русь n°24 – 1986,

traduit du russe par N. M. Tihomirova